Le Covid-19, catalyseur malgré lui de la transformation digitale du monde du droit ?
6 tendances pour 2021

Parler comme je pense, parler cru.

Malédiction ou négligence ? Seul l’avenir nous le dira. Ce qui est certain, c’est que nous souffrons TOUS des ravages que provoque le Covid-19. Dans tous les pays du monde, les gouvernements s’emploient à mettre tout en œuvre pour sauver l’économie mondiale, mais plus important encore, nous sauver NOUS. En effet, la pandémie n’en serait qu’à un stade premier et les scientifiques peignent un tableau sombre quant aux dégâts qu’elle serait en phase de créer dans les prochaines semaines ou prochains mois.
 
Néanmoins face à cette situation, nous devons rester forts, unis, solidaires à l’écoute de notre prochain, car nous sommes acteurs au sens premier du terme de ce qui se profile devant nous.
Ce confinement que nous vivons est dur. Très dur pour bon nombre de français. Mais il reste indiscutablement nécessaire. C’est pourquoi nous ne devons tenir le coup, résister, être optimistes pour une issue rapide et heureuse. C’est ce que j’essaie de faire au quotidien.
 
Mon optimisme m’a d’ailleurs mené à réaliser la chose suivante : il y aura un avant et un après Covid-19. Cela me paraît certain. Le monde ne sera plus comme avant. Plus encore dans l’industrie du droit (enfin, je l’espère !) : le Covid 19 pourrait en effet se révéler comme catalyseur de la transformation digitale dans l’industrie du droit.
 
J’ai alors souhaité partager avec vous 6 tendances pour le monde du droit qui selon moi, devraient se confirmer dans les mois à venir. 
 
1 – Le cabinet d’avocats virtuel, grande tendance pour 2021. Les grands immeubles haussmanniens, les belles façades, les bureaux dorés… Cela semble appartenir au passé sauf pour les avocats « traditionalistes modernes » (et cette expression n’est pas péjorative à mon sens !). Depuis quelques années, des avocats lancent leur cabinet virtuel et évitent ainsi le paiement d’un éventuel loyer « exorbitant ». Le Covid 19 vient mettre un coup d’accélérateur à cette tendance qui devient là une nécessité.
 
2 – Le « remote lawyering » : conséquence du développement du cabinet d’avocats virtuel, la pratique du « remote » à savoir le « travailler chez soi à temps plein » prendra de l’ampleur dans les prochains mois et ce pour 2 raisons essentielles : d’une part les associés de cabinets d’avocats se rendront compte qu’ils feront de réelles économies et d’autre part, ils constateront que leurs collaborateurs sont plus efficaces et productifs lorsqu’ils travaillent en toute indépendance ! Le Covid 19 aura ainsi permis de valider ces deux points.
 
3 – La transformation des modèles économiques des cabinets d’avocats (enfin !) : au regard des 2 tendances précédentes, transformer le modèle économique des cabinets d’avocats va naturellement s’imposer. Pour ceux qui n’ont pas encore entamé cette transformation, le Covid 19 devient un accélérateur sans commune mesure.
 
4 – La transformation des universités de droit : les enseignants se voient contraints de changer leurs méthodes d’enseignement et notamment leur pédagogie. En effet, répondre à la demande de formation en ligne nécessite d’intégrer le paradigme du digital dans la conception et la fourniture des cours (UX, design…). Bien entendu, la question n’est plus de savoir s’il faut ou pas faire des cours en ligne. Le Covid 19 a tranché sur ce point. Il s’agit plus tôt de mener une réflexion profonde sur le modèle de délivrance des cours par les professeurs : s’agit-il de faire des cours en ligne comme si l’on était en amphi ? Ne faudrait-il pas déconstruire la pédagogie traditionnelle pour en créer une adaptée au e-learning avec tout ce que cela implique ? Et les universités quant à elle ? Vont-elles enfin mettre en place une vraie stratégie digitale dotée d’un modèle économique adapté ? Gros sujets en perspective. Enfin, plus globalement, le Covid 19 nous interroge sur le modèle d’éducation en ligne que nous souhaitons offrir à nos enfants et c’est une excellente chose.
 
5 – Le RGPD s’avèrera contreproductif pour les cabinets d’avocats (comme ça l’est pour beaucoup d’entreprises françaises) : force est de constater que ces derniers ont une utilisation des données clients toujours aussi restreinte. Ce constat cumulé à d’autres facteurs se traduit nécessairement par une perte de compétitivité internationale. Les cabinets anglo-saxons disposent et disposeront de plus de données que les cabinets français (cela est malheureusement déjà le cas !). Aussi, nous rendrons les GAFAM/BATX encore plus puissants. Pour vous en rendre compte, il vous suffit de voir les outils que nous utilisons tous au quotidien et à quel point nous les sursollicitons en cette période de confinement. Ils auront toujours plus de données.
 
6 – À l’heure d’une justice au ralenti, il appartient aux plus hautes instances judiciaires et étatiques de repenser notre système et de mettre en place les fondements d’une vraie justice “en ligne”. Tribunaux virtuels, médiation et autres modes alternatifs de résolution des litiges doivent être aujourd’hui mis en place pour un fonctionnement effectif et pour une meilleure distribution de la justice. À ce propos, je vous recommande vivement « Online Courts and the Future of Justice » de Richard Susskind. 
 
Le juriste de demain.

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